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Upskilling, Reskilling, Cross skilling : définitions et différences

Aujourd’hui, la montée en compétences signifie bien plus qu’une évolution verticale au sein de l’entreprise. La construction d’une carrière et l'épanouissement professionnel passent par un parcours diversifié.

Développer de nouvelles compétences est par ailleurs fondamental pour conserver son employabilité. En conséquence, la formation se transforme. Trois termes qualifiant l’acquisition de compétences en entreprise ont émergé : upskilling, reskilling et cross skilling. Que recouvrent-ils exactement et quelle place occuperont-ils dans la formation de demain ? Réponses dans cet article ! 

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L’upskilling : acquérir des compétences pour renforcer son expertise métier

 

Avec l’upskilling, un objectif de performance est visé. Il s’agit pour le collaborateur de gagner en expertise dans un domaine qu’il maîtrise. Celui-ci possède donc déjà la compétence et cherche à l’améliorer. Il ne change ni de poste ni de métier.

 

L’intérêt ? Améliorer sa productivité ou sa capacité à réagir face à des situations complexes ou nouvelles. Plus largement, l’upskilling est indispensable pour rester en phase avec l’évolution de son métier. Il permet au salarié de devancer l'obsolescence de ses compétences et à l’entreprise de rester compétitive.  

 

Généralement, l’upskilling va de pair avec une montée en compétences en continu, au moyen d’une succession de formations ciblées. Chaque action de formation se déroule sur un temps court et cible une aptitude précise à renforcer. 

L’upskilling : acquérir des compétences pour renforcer son expertise métier

 

Le reskilling : se former pour rester dans l’emploi

 

Le reskilling définit l’acquisition rapide de nouvelles compétences afin de se maintenir dans l’emploi. Nous ne sommes plus dans le perfectionnement mais dans la requalification professionnelle. Celle-ci est en outre cruciale et urgente. Moment clé dans le déroulé du parcours professionnel, le reskilling conduit le salarié à occuper de nouvelles fonctions, voire à se reconvertir. C’est donc l’employabilité du collaborateur qui est en jeu. 

 

Ce renouvellement des compétences fait écho à la création de nouveaux métiers, elle-même étroitement liée à la place grandissante des nouvelles technologies dans le monde professionnel.

 

Le reskilling peut tout aussi bien être choisi que subi. Dans ce dernier cas, l’entreprise impose à l’employé de se former pour conserver son poste lorsque ce dernier connaît de profonds bouleversements (automatisation d’une tâche jusque-là manuelle par exemple).  

 

Autre but du reskilling : répondre aux difficultés de recrutement rencontrées dans certains secteurs d’activité, faute de candidats qualifiés. Les entreprises font alors le choix d’embaucher un talent ne possédant pas toutes les compétences requises et s’engagent à le former afin qu’il devienne 100% opérationnel. 

 

Le reskilling implique des actions de formation plutôt longues, car le collaborateur n’a aucune connaissance de base dans la compétence visée. Le parcours devra intégrer une partie théorique et des mises en situation pratiques. Le blended learning, combinant formation digitale (e-learning, classes virtuelles…) et sessions en présentiel, s’avère particulièrement bien adapté au reskilling.  

 

Le cross skilling : étendre son périmètre de compétences

 

Étoffer ses savoir-faire en acquérant des compétences transversales, renforcer ses soft skills : telle est la raison d’être du cross skilling. La finalité : effectuer des tâches sortant du cadre strict établi par la fiche de poste. Pour l’entreprise, le cross skilling est gage de davantage de polyvalence et de flexibilité des collaborateurs. 

 

Développer des compétences professionnelles périphériques conduit également à renforcer les liens entre services. Une action de cross skilling englobe d’ailleurs parfois toute une équipe. C’est notamment le cas lorsqu’il faut mener un nouveau projet. Des formations du type gestion de projet ou travail en équipe paraissent alors pertinentes. 

 

Concernant les modalités pédagogiques, les micro contenus, souvent associés au mobile learning (vidéos de quelques minutes, infographies…), l’apprentissage entre pairs et les sessions de groupe en présentiel fonctionnent très bien dans le cadre du cross skilling.

Upskilling, reskilling et cross skilling sont-ils l’avenir de la formation ? 

 

Un contexte favorisant une nouvelle approche de la formation

 

Les jeunes sociétés doivent trouver rapidement leur place sur leur secteur ; les organisations plus anciennes ont elles l’obligation d’innover pour conserver leur position sur leur marché. Des enjeux de taille dans un monde économique incertain et mouvant

 

Autre problématique : la mutation des métiers, comme on l’a dit. Les compétences professionnelles sont de plus en plus liées aux nouvelles technologies. Les projections montrent d’ailleurs que la grande majorité des emplois qui seront occupés en 2030 n’existent pas encore

 

Enfin, il faut prendre en compte les nouvelles exigences des collaborateurs (flexibilité des horaires et des lieux de travail, désir d’autonomie et d’épanouissement à la fois professionnel et personnel), alors que les talents se savent très courtisés par les employeurs. Les entreprises prennent conscience de leurs lacunes en termes de compétences internes et de l’importance de ces dernières pour rester performantes sur le long terme. Elles se doivent de “choyer” leurs recrues.

Un contexte favorisant une nouvelle approche de la formation

 

Cette réalité introduit une nouvelle approche de la formation, qui part désormais des besoins du salarié, et non plus des seules directives de l’entreprise. Uspkilling, reskilling et cross skilling prennent alors tout leur sens car ils répondent aux différentes attentes qui peuvent émerger au cours d’une carrière professionnelle.  

 

Pourquoi l’upskilling, le reskilling et le cross skilling répondent aux nouveaux enjeux

 

L'upskilling conduit l’organisation à accroître sa performance en disposant en interne de compétences toujours à jour. De plus, garantir aux employés de bénéficier en continu d’une expertise optimale sur leur métier contribue à les fidéliser.

 

Grâce au reskilling, l’entreprise reste agile et réactive face aux changements parfois brutaux de sa stratégie. Par exemple, la crise sanitaire a amené les organisations à digitaliser bon nombre de leurs activités dans l’urgence. Pensons notamment au transfert d’une partie des personnels du commerce physique au e-commerce. Dans le cadre d’un recrutement, le reskilling permet à l’employeur de combler de manière très fine les lacunes internes.  

 

Enfin, le cross skilling, en favorisant la polyvalence et la flexibilité, donc l’adaptabilité de l’entreprise, est forcément bienvenue dans le contexte que nous venons de décrire. 

 

Bref, une approche de la formation réunissant upskilling, reskilling et cross skilling se révèle essentielle dans la rétention des salariés, activement recherchée dans un contexte de guerre des talents. Une entreprise se doit en effet de proposer des dispositifs de formation optimum, préparant les collaborateurs aux enjeux présents et à venir. 

Upskilling, Reskilling, Cross skilling : définitions et différences