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LMS & blended learning : les piliers de la formation 2020

19 mai 2020

Le Learning Management System, ou LMS, ne cesse d’évoluer depuis une dizaine d’année, afin de s’adapter aux nouvelles mutations de la formation professionnelle.

Arnaud Blachon, CEO de Rise Up, prend la parole dans cette interview et évoque comment le LMS s’adapte constamment aux problématiques formation des entreprises et organismes de formation.


Le lms et le blended learning sont des piliers de la formation pour l'année 2020

 

INTERview : lms & blended learning en 2020

 

Le Blended Learning a beaucoup évolué en 10 ans. Quelles sont les évolutions les plus remarquables, en matière de modalités / media de formation, et d’agencement de ces modalités ?

Le Blended Learning évolue afin de s’adapter aux exigences de la formation professionnelle, marquée par de nombreuses réformes ces dernières années. D’après moi, les évolutions les plus remarquables sont le mobile learning, la réalité virtuelle, l’analyse par la data et la simulation vocale.

 

Toujours selon vous, quels facteurs internes ou externes à l’entreprise ont présidé ces évolutions ?

L’arrivée des MOOCs en 2014 a redynamisé le marché avec un réel intérêt des utilisateurs pour le format, la flexibilité et la liberté qu’ils représentaient à l’époque.

Même si les taux de complétion n’ont jamais été mirobolants, on a commencé à regarder de plus près ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas pour améliorer l’apprentissage digital.

L’évolution rapide des métiers oblige à former les collaborateurs car c’est une question de survie pour l'entreprise. Ensuite, le réglementaire est un facteur qui drive les évolutions bien évidemment. Le cadre légal est une contrainte qui s’avère génératrice d’idées, d’innovations.

La contrainte peut être très fructueuse, puisqu’elle pousse à imaginer des schémas inédits. Et quand la loi autorise de nouvelles modalités pédagogiques, elle ouvre des possibilités.

Quand cette même loi change les règles du financement et que la formation n’est plus une taxe mais un budget dépensé, la question du ROI s’impose. On assiste alors à l’apparition d’une myriade d’outils, de méthodes sur la collecte de la data. Les plateformes LMS doivent s’adapter à cette nouvelle logique et proposer des outils d’évaluation des formations plus performants.

Toutes ces évolutions font que la formation digitale et présentielle est prise plus au sérieux au sein de l'entreprise : elle est un poste de dépense à rentabiliser. Cela permet de mettre la lumière sur ses bénéfices, sur son pouvoir transformateur au sein d’une entreprise, notamment parce qu'elle permet la rapide montée en compétences des collaborateurs.

 

Quel rôle jouent les plateformes de formation dans ces évolutions du Blended Learning ? Comment ont-elles évolué de leur côté ?

Les attentes en termes de formation sont aujourd’hui concrètes, chiffrées. Les innovations technologiques qui ont conduit à une évolution rapide des métiers et au développement du digital learning permettent aussi aujourd’hui de répondre à la question de l’évaluation de la formation en ligne.

Depuis 2014, beaucoup de choses ont pu être testées, évaluées. Le retour d’expérience permet maintenant d’avoir un vrai recul sur l’offre en digital learning. Par exemple, on sait que le serious game ne s’utilise pas n’importe quand, pour n’importe qui, pour le fun. Maintenant, on arrive à relier un objectif pédagogique, un contexte, des contraintes et un public à une technologie et une ingénierie pédagogique adaptées.

Il a fallu et il faut toujours tester les choses avant de pouvoir s’en emparer de manière intelligente. Aujourd’hui, l’offre digital learning atteint une certaine maturité et l’on est capable de créer un dispositif de formation optimisé en allant chercher le meilleur au bon moment et au bon endroit.

L’avènement du blended learning en est le plus bel exemple, avec des plateformes lms qui orchestrent de multiples modalités et supportent des structures d’apprentissage complexes.

 

Comment ces plateformes arrivent-elles à concilier les attentes traditionnelles de la direction formation en matière de LMS, et celles que les LXP promettent aux apprenants, à savoir une UX plus fluide et proche de leurs usages du Web et du mobile ?

Les plateformes doivent supporter la complexité des dispositifs pédagogiques, pour orchestrer les parcours, pour faciliter leur déploiement, leur administration, tout comme leur “consommation” , si je puis dire, par les apprenants.

Cela dit, peu de plateformes sont capables de le faire aujourd’hui. En effet, développer un même outil pour l’administrateur et pour l’apprenant, c’est tenir compte de deux logiques très différentes : l’une est managériale et l’autre est presque sensorielle.

Chez Rise Up, on a toujours mené les deux réflexions de concert. C’est pour cela que l’on a créé la première plateforme Blended Learning car on a intégré la gestion du présentiel dès la phase de conceptualisation de notre solution.

Il était évident qu’on allait grandement simplifier le travail des administrateurs et responsables formation en gérant aussi les sessions présentielles et qu’on devait d’abord accompagner les apprenants vers le digital en agrémentant le cours avec des technologies innovantes pour créer une classe virtuelle.

Par ailleurs, les entreprises franchisées, avec de multiples partenaires ou filiales qui déploient des projets de formation multimodaux doivent pouvoir s’appuyer sur un LMS qui gère leur structuration étendue.

À l’inverse, l’apprenant, lui, ne doit rien percevoir de cette complexité et sa navigation, son expérience sur sa LXP doit être la plus intuitive, fluide et agréable possible. Beaucoup de plateformes ont favorisé l’une ou l’autre des approches au début et essaient aujourd’hui d'équilibrer mais c’est plus difficile.

La LXP est un nouveau terme -sur le marché français- et son apparition est révélatrice d’un vrai shift au sein de la formation digitale : on met enfin l’apprenant au centre du processus de conception de la formation.

 

La formation professionnel blended évoluera sans doute vers l'implémentation de l'IA

 

Nul doute que le Blended Learning évoluera encore dans les prochaines années. En particulier, est-ce que l’IA sera un “game changer” ?

L’IA sera un game-changer dans les prochaines années, mais aujourd’hui sa technologie n’est pas encore prête. Il y a encore une phase de développement puis d’expérimentation à vivre, comme on l’a vu ces dernières années avec les nouvelles technologies du L&D.

L’IA permettra d’être au plus près de l’apprenant, de mieux le comprendre et de lui apporter un accompagnement sur-mesure. C’est révolutionnaire.

 

Quelles sont vos recommandations aux directions formation confrontées à ces nouveaux défis ?

Il faut faire les bons choix technologiques, ce qui est difficile aujourd’hui au vu des toutes les possibilités offertes. Il ne faut pas suivre les modes et se jeter sur tout. Il faut vraiment se poser et réfléchir aux modalités de formation qui vont s’adapter aux contraintes des apprenants, de l’organisation et répondre aux objectifs pédagogiques définis en amont.

Je rajouterais qu’il ne faut pas former tout le monde à tout. Il faut se concentrer sur les parcours de formation qui ont le plus d’impact sur le métier des gens car c’est ce qui générera l'engagement de l’apprenant.

Ensuite en termes de méthodologie, je conseille vraiment d’y aller petit à petit pour d’une part, vaincre les appréhensions, et d’autre part ajuster sa pédagogie. Par exemple, on commence par digitaliser une session de pré-requis ou une évaluation à chaud et on voit ce qui se passe. Il faut tester, analyser, apprendre de ses apprenants. Il n’y a pas de recette miracle.

 

Quelle est l’actualité de Rise Up ?

Nous venons de créer le Data Lab.

Le Data Lab permet de générer des tableaux de bord automatisés analysant les données relatives aux formations déployées sur notre plateforme. En plus, nous pouvons croiser ces données avec les chiffres des entreprises en interne (ventes, production, etc.) pour pouvoir mesurer le ROI des dispositifs de formation et mieux les ajuster.

Par ailleurs, nous travaillons sur un projet qui va justement dépasser le blended learning et sortir du carcan LMS/LXP. Ce projet sera un produit de l’IA et permettra d’accompagner l’apprenant sur ses applications métiers.

Ce projet reflète notre vision chez Rise Up : faire de l'apprentissage en ligne et de la montée en compétences une partie intégrante et naturelle de la situation de travail.

On imagine que l'action de " se former" ne sera plus une étape ponctuelle ou un pré-requis déconnecté de la situation de travail mais bel et bien un réflexe inconscient sur le poste de travail avec des allers-retours guidés par les jalons propres à la montée en compétences de chacun.