8 Minutes de lecture

Qu’est-ce qu’une culture de l’apprentissage ?

Qu’est-ce qu’une culture de l’apprentissage ?

 

Nous vous avons concocté une série d’articles sur la culture de l’apprentissage − ce qui constitue une culture de l’apprentissage, les éléments clés à mettre en place, les avantages de se doter d’une culture de l’apprentissage et comment l’établir.

 

Consultez nos autres articles sur la culture d'apprentissage :

Entretien avec Nigel Paine - établir une culture de l'apprentissage,

Culture de l'apprentissage : implication et expérience collaborateur,

Culture de l'apprentissage : comment faire face à la pénurie de compétences.

 

Qu'est-ce que la culture de l'apprentissage ?

 

C’est une question qui revient souvent, et les réponses sont toutes plus variées les unes que les autres. En réalité, il n’existe pas de définition unique de la culture de l’apprentissage, et ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose.

 

Pourquoi ? Parce qu’une culture de l’apprentissage prend un sens différent selon les personnes et les entreprises qui la mettent en place. L’important, c’est que les chefs d’entreprise et les responsables de l’apprentissage et du renforcement des compétences réfléchissent à ce qu’ils entendent par culture de l’apprentissage, et à ce que celle-ci implique pour leur entreprise et leur contexte. Mais avant tout, il faut intégrer l’idée qu’une culture de l’apprentissage n’est pas simplement « un programme d’enseignement ».

 

Il est essentiel que l'ensemble de l'entreprise soit mobilisé  

 

Avant toute chose, une culture de l’apprentissage nécessite que l’ensemble de l’entreprise soit mobilisée. C’est une condition sine qua non.

 

En effet, l’idée n’est pas d’avoir des poches d’excellence disséminées dans l’entreprise, avec des employés en quête d’apprentissage, mobilisés pour contribuer au succès de l’entreprise, alors que d’autres s’en tiennent au strict cadre de leur fonction, se contentant de suivre des cours de temps en temps mais sans être vraiment impliqués dans l’apprentissage ou l’amélioration des résultats de leur société.

Et il ne s’agit pas non plus d’attendre des hauts dirigeants qu’ils demandent à leurs collaborateurs d’apprendre.

 

Une culture de l’apprentissage, c’est quand chaque employé s’engage à apprendre, pour lui-même, mais aussi pour le bénéfice de son équipe et de l’entreprise dans son ensemble. C’est quand les collaborateurs sont prêts à améliorer leurs méthodes de travail pour améliorer un système, un produit ou un service, ou résoudre d’éventuels problèmes... Il s’agit d’adopter un état d’esprit collectif, où chacun adhère à l’idée de l’apprentissage et du perfectionnement continus.

 

Culture de l’apprentissage : un concept aux définitions multiples

 

Pour commencer, examinons différentes définitions de la culture de l’apprentissage : « Une culture de l’apprentissage est une culture qui favorise l’ouverture d’esprit, la quête autonome de connaissances et un apprentissage partagé axé sur la mission et les objectifs de l’entreprise ». Cette définition, souvent citée, proviendrait du CEB (Corporate Executive Board) avant que celui-ci ne soit racheté par Gartner, cabinet de conseil et de recherche dans le secteur des nouvelles technologies.

 

Dans un article pour la Society for Human Resource Management, Robert J. Grossman, professeur d’études de gestion aux États-Unis, a proposé une définition similaire : « Une culture de l’apprentissage désigne une communauté de travailleurs à qui l’on inculque un schéma de pensée axé sur le perfectionnement. Les collaborateurs souhaitent non seulement apprendre et mettre en application leurs connaissances pour contribuer à la réussite de l’entreprise, mais ressentent également le besoin de partager leur savoir avec les autres ».

 

Ces deux définitions reposent sur l’idée d’alimenter l’apprentissage collectif par l’apprentissage individuel : les employés apprennent de manière autonome, grâce et avec les autres, et partagent leurs connaissances au sein de l’entreprise.

 

C’est cet accent sur l’apprentissage collectif qui intéresse vraiment Nigel Paine, auteur, conférencier et spécialiste de l’apprentissage et de l’encadrement. Selon lui, une culture de l’apprentissage doit être axée sur la résolution des problèmes organisationnels et reposer sur quatre éléments essentiels : l’autonomisation, la confiance, l’implication et l’encadrement. Pour en savoir plus sur ces quatre éléments et la manière dont M. Paine les relie aux cultures de l’apprentissage, consultez le prochain article de cette série, notre entretien avec lui : Établir une culture de l’apprentissage.

 

Etude de cas Assystem comment créer une culture de l'apprentissage

 

Culture de l’apprentissage et innovation technologique

 

L’innovation technologique a transformé nos manières d’apprendre

 

Au sein d’entreprises apprenantes, l’apprentissage n’est pas « inculqué » aux collaborateurs, par exemple par le biais d’un cours ou d’initiatives émanant de la direction. Bien que les cours et les mesures d’apprentissage puissent être très efficaces et constituent une facette importante des cultures de l’apprentissage, ils doivent s’inscrire dans un contexte plus large.

Les entreprises doivent permettre et encourager leurs employés à apprendre les uns des autres et les uns avec les autres, et faire en sorte que l’apprentissage se fasse dans le cadre du travail. Cela nécessite de mettre en place un climat de communication et de collaboration ainsi que les outils et les technologies adaptés.

Les collaborateurs doivent pouvoir travailler et apprendre par voie numérique, qu’ils soient en présentiel, en télétravail ou dans un schéma hybride. La pandémie de Covid-19 nous a montré à quel point l’apprentissage au sein des équipes est essentiel.

 

En effet, en 2020, de nombreuses interrogations ont émergé : « Comment favoriser l’apprentissage dans un contexte de travail à distance ? Comment permettre aux employés d’accéder aux informations dont ils ont besoin et comment maintenir le lien dans un monde virtuel ? ».

 

Désormais, l’accent est davantage mis sur la gestion des différents environnements de travail : « Comment favoriser l’apprentissage d’une main d’œuvre hybride ? Quel rôle peuvent jouer les nouvelles technologies ? Comment les employés peuvent-ils coopérer, communiquer et partager leurs connaissances en ces temps si incertains ? ».

 

L’apprentissage en période trouble

 

Autant de questions importantes, particulièrement depuis que la pandémie a montré à quel point les entreprises dotées d’une forte culture de l’apprentissage étaient plus réactives et pouvaient s’adapter plus efficacement aux évolutions du marché. D’autant que ces entreprises se sont généralement munies des processus et des outils technologiques nécessaires, ce qui leur permet de réagir de manière plus agile. Au sein d’entreprises apprenantes, les technologies facilitent l’accès à un apprentissage pertinent, en temps utile. Et le choix ne manque pas : les employés ont à leur disposition de nombreux contenus et modalités.

 

Bien entendu, de nombreuses entreprises qui avaient tardé à adopter le numérique avant la pandémie n’ont eu d’autre choix que de se jeter à l’eau quand le Covid-19 a frappé. Et nombre d’entre elles ont été très efficaces en la matière, découvrant que le travail et l’apprentissage numériques pouvaient constituer un réel plus ! Elles sont d’ailleurs nombreuses à envisager l’adoption d’une approche hybride sur le long terme.

 

Sans compter que 50%  des travailleurs devront envisager une reconversion professionnelle d’ici 2025. À ce sujet, nous vous recommandons notre article Culture de l’apprentissage : comment faire face à la pénurie de compétences.

 

L’apprentissage en période trouble

La culture de l’apprentissage : un catalyseur de performances pour les entreprises culture 

 

Les entreprises apprenantes et performantes en chiffres

 

Toutefois, les bienfaits d’une culture de l’apprentissage vont bien plus loin. Une étude menée par le cabinet de conseil Bersin by Deloitte a mis en évidence plusieurs de ces avantages pour les « entreprises apprenantes et performantes » : ce terme, inventé par le cabinet, désigne des entreprises plus innovantes, plus rentables, plus productives, tournées vers l’avenir, à l’écoute des clients et axées sur la qualité. Voici les principaux résultats de l’étude :

 

  • 92% plus à même d’innover
  • 46% plus susceptibles de devenir chefs de file sur le marché
  • 17% plus de chances d’être leaders en termes de parts de marché
  • 58% mieux préparées à répondre aux demandes futures en matière de compétences
  • 34% plus à même de répondre aux attentes des clients
  • 26% plus susceptibles de proposer des produits de qualité
  • 37% plus de productivité au sein du personnel

Le fondateur de Bersin (Josh Bersin) est tellement convaincu de l’importance d’une culture de l’apprentissage forte qu’il a déclaré : « Le plus grand facteur d’impact pour les entreprises est d’établir une culture de l’apprentissage forte ».

 

C’est une affirmation assez catégorique, mais qui suscitera certainement l’approbation d’un grand nombre de personnes.

 

Créer une culture de l’apprentissage

 

Le prochain article de cette série reprend le contenu de notre entretien avec Nigel Paine sur l’établissement d’une culture de l’apprentissage.

 

Etude de cas Assystem comment créer une culture de l'apprentissage